L'avenir du progrès veut des coupables

Publié le par Roda

L'autre jour, dans un grand discours au monde entier, notre président de l'Europe donnait sa vision éclairée de la crise qui a secoué la finance mondiale. Dans un grand élan de justice outragée, il a demandé que les coupables soient punis.

Ah que voilà une grande idée neuve ! On veut des coupables ! Des bouc-émissaires, des sorcières à brûler !

N'étant pas féru d'économie, il m'a semblé cependant que certes, les grands financiers de ce monde ne sont pas des saints hommes astiquant pieusement leur auréoles, mais que cependant les rendre responsables de la crise qui secoue l'Amérique et le reste du monde me semblait légèrement simplificateur.

Un article de Jacques Sapir vint éclairer ma lanterne en démontant les mécanismes de la crise :" Les dérives de la finance américaine qui ont contaminé une bonne partie de la finance mondiale sont d’abord et avant tout le produit de la crise d’un modèle de développement, celui du néo-libéralisme américain qui prétend développer une économie capitaliste en comprimant toujours plus les salaires et en conduisant une fraction toujours plus grande de la population de la paupérisation relative à la paupérisation absolue.
"Il explique que "seul l’endettement a permis aux classes moyennes de maintenir leur niveau de vie ... Ceci permet de comprendre la montée explosive de l’endettement des ménages américains."

Il est beaucoup plus facile de se voiler la face, d'accuser les uns ou les autres, sans regarder la réalité d'un système. Et pendant ce temps, l'avenir du progrès supprime les services publics, encourage l'assurance de santé privée, détruit ce sur quoi se fonde la stabilité de la vie des classes moyennes, amenant petit à petit de plus en plus de ménages sous le seuil de pauvreté.
Mais l'avenir du progrès s'amuse, il joue même à se faire peur, et il écrase sous son inconscience les foules abasourdies.

Publié dans L'avenir du progrès

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